vendredi 16 mars 2012

CULTURE, vous avez dit Ministre ?

Il est en effet grand temps de revenir aux fondamentaux quand il nous est donné à lire actuellement tant d'âneries sur la ou les cultures, culture générale ou culture en général; tout le monde s'en donne à coeur joie, dans tous les sens, et parfois pour servir des intérêts personnels à peine dissimulés. C'est clairement le propos triste du pamphlet « Culture, état d'urgence » d'Olivier Poivre d'Arvor. En effet il se verrait bien ministre de cette fameuse culture qu'il tente par un verbiage socialiste usé de rendre attrayante à une gauche obsolète et se pensant décomplexée par le fourre-tout de l'ére Lang qu'il utilise comme caution avec le « New Deal » roosveltien. Il n'est pas nécessaire de scander : « solidarité, transmission, rêve réalisé, création, nouvel art de vivre ensemble » etc … pour comprendre que la culture ne s'affirme pas mais qu'elle se conquiert.
Il ne suffit entre autre pas de prétendre « dépoussiérer le patrimoine » et d'en « faciliter l'accès », il faut aussi se demander par exemple si l'affluence dans nos musées, expositions, salles de cinema n'est pas suspecte et se questionner sur ces foules qui seraient en train de confondre l'envie de connaissances et de plaisirs avec l'affirmation de leurs droits à « l'égalité d'accès à la culture, la lutte contre l'exclusion, le droit pour tous à l'éducation artistique » . Parlant de ces foules devant le Louvre « qui vont voir le troupeau dont ils font partie » et « qui ne connaîtront aucun plaisir, aucune émotion. Ils se seront simplement acquittés d'un devoir dont le sentiment leur à été inculqué par la télévision et par de semblables vecteurs de la bêtise », Eugène Green dans « la reconstruction »//www.evene.fr/livres/livre/eugene-green-la-reconstruction-35834.php me semble parler d'or.
Ceci étant c'est bien dans ces temples de la connaissance que se trouve pour partie et par l'entremise des beaux arts certaines des clés d'accès à la CULTURE comme l'affirment Marc Fumaroli et Jean Clair ne vous en déplaise Monsieur Poivre d 'Arvor.

Même candidature pour Christophe Girard avec son « Petit livre rouge de la culture ». Ayant par trop lu ces temps derniers de « gaucheries » comme ça, je me réfère à l'excellent papier d'Yvan Alexandre dans DIAPASON qui cite C. Girard annonçant la révolution culturelle que propose avec mépris son « A bas les beaux-arts hérités des siècles obscurs! ». Le projet serait: Vive la culture numérique, les jeux vidéo, le rêve du progrès; Le bel aujourd'hui chaque matin recommencé qui vaudrait infiniment mieux que le patrimoine, objet intemporel et hors commerce, c'est l'apologie de l'immédiat renouvelable (donc vendable)!!! Ce qui nous est proposé, c'est le nivellement par les « processeurs », l'émiettement par les « octets» et donc la sempiternelle démagogie gonflée de « gigabytes » ne flattant que les geeks. Tout n'est que morcellement du goût (capacité à reconnaître le Beau, E. Kant). Mais qui de Monsieur Girard ou des bobos qu'il pense flatter apprécient le vrai sens de ce mot magique et singulier ?...

Ces messieurs nous parlent également beaucoup de CREATION. Mais savent-ils que envers et contre toutes tentatives de jeunisme, ce processus ne s'exprime pas « EX-NIHILO » et qu'il n'est que la résultante de connaissances acquises par un parcours initiatique sans fin fait de curiosités, d'ouvertures au monde, d'intelligence, de maturation des acquis ainsi que de la connaissance fine de ce que nos grands anciens ont produit. Beaucoup d'humilité est donc indispensable au processus de création artistique, j'invite nos prétendants Ministre à méditer ce fait millénaire.

Et comme pour insister, j'aimerais citer l'immense Ravi Shankar lors d'un concert salle Pleyel en 2008 :
"La lenteur de l'acquisition du savoir artistique apporte une maturation, une profondeur que l'on n'acquiert pas autrement"
Quelle évidence !


mardi 31 janvier 2012

Franz-Olivier Giesbert proclame sa foi

On est d'emblée prévenu, ce récit sera biaisé car il est l'oeuvre d'un auteur qui « exerce depuis longtemps un métier de mystificateur patenté, le journalisme, qui consiste à expliquer aux autres ce qu''on ne comprend pas soi-même. »
Certes, mais à quels bonheurs il nous convie ! Bonheur de l'érudition taquine car il les aime ses auteurs : Saint Anselme, Saint François d'Assise, Sainte Thérèse de Lisieux, Descartes le préféré de sa mère et à qui il reproche d'avoir tant fait pour, en vain, prouver l'existence de Dieu. Kant ou «  le dernier des philosophes, l' anti-dogmatique » mais surtout Spinoza, «  ce scandale vivant » qui « exalte la joie de l'homme qui se met au service de sa propre utilité ». Ce même Spinoza qui «  décrète que nous formons la même substance, nous les humains, les oiseaux, les montagnes et les fourmis » aidé de Saint François convertira notre homme, bien qu'épicurien au végétarisme.
Cet adepte de la métempsychose, de la masturbation, cet ami de Mitterrand aime à parler aux arbres, aux insectes, aux meubles, est convaincu que tout a une âme. Celui qui croît en un Dieu de l'univers présent en toutes choses et donc trop important pour être confié à une seule religion, m'a bousculé et je l'en remercie. Laissez vous aller à son enthousiasme, sa joie, son humour, aimez vite son souffle qui transporte et interroge.

DIEU MA MERE ET MOI chez Gallimard

lundi 16 janvier 2012

Musée d'Orsay: "Onirico-aquatique"

Je lis sur le site du Musée : « Dès les premières réflexions sur le réaménagement des salles, il est apparu essentiel d'intégrer le design contemporain à l'architecture du lieu. C'est dans cette optique qu'ont été sollicités les frères Campana  pour renouveler entièrement le décor du café de l'horloge.
S'inspirant d'Emile Gallé, les deux célèbres designers brésiliens ont imaginé une atmosphère
« onirico-aquatique » , comme un hommage au grand verrier lorrain et à l'art nouveau. »

Tout d'abord, comment peut-il être « essentiel » d'intégrer l'idée saugrenue du design contemporain dans ce lieu magnifique que même Gae Aulenti avec son architecture très contestée et très contestable d'ailleurs n'a pas réussi à complètement détruire. Ensuite que signifie cette stupide évocation « onirico-aquatique » totalement vide de contenu malgré la douteuse tentative de récupération d'un Emile Gallé qui n'attend rien, autre que des foules de visiteurs émerveillés dans la contemplation de son magnifique travail.
Dans un article du Point la récupération également tentée est celle de ce cher Monet et de ses Nymphéas qui n'en demandaient pas tant. Ces messieurs prétendent également ne pas avoir voulu se laisser envahir par la « force du lieu » Quel dommage !
Mais malgré le côté sympathique bien que par trop branché de leurs références aux déshérités des favelas dont leur travail est paraît-il emprunt, celui-ci ne se (dé)construit que par l'accumulation de buchettes bout-feu, de succédanés de « scoubidous » égarés dans un monde ou des « teddy-bears » se bagarrent entre eux tout en laissant perplexe quant à la possibilité de l'utilisation de ces improbables résultats semble-t-il nés pour provoquer et donc rassurer les bobos sur leur capacité à n'aimer rien de ce qui rend la vie agréable, paisible et confortable. Donc étaient-t-ils les mieux placés pour ce projet ?, certes non !. Et d'ailleurs l'internationale de la « design-itude » ne leur avait toujours pas confié de projet d'architecture intérieure, c'est un signe. Mais Paris l'a fait !...
Rassurez vous car après avoir visité ce magnifique musée et ses très belles salles rénovées et augmentées de superbes collections entre autre d'art décoratif (art auquel jamais ni les chaises ni les suspensions de ce café Campana ne pourront prétendre je vous l'assure), vous n'êtes absolument pas obligés de vous rendre dans ce lieu dont l'ambiance après la contemplation de ces merveilles vous serait insupportable.

mardi 10 janvier 2012

Lancia s'est ressaisi !

Etonnant, non ? La campagne de communication continue, bien que sur une seule page, mais comme par magie la photo dont j'avais contesté le contenu a disparu !
Je n'imagine pas que mon papier soit responsable de cet état de fait mais comme je l'avais évoqué d'autres que moi ont réagi, quand même !