Il est en effet grand temps de revenir aux fondamentaux quand il nous est donné à lire actuellement tant d'âneries sur la ou les cultures, culture générale ou culture en général; tout le monde s'en donne à coeur joie, dans tous les sens, et parfois pour servir des intérêts personnels à peine dissimulés. C'est clairement le propos triste du pamphlet « Culture, état d'urgence » d'Olivier Poivre d'Arvor. En effet il se verrait bien ministre de cette fameuse culture qu'il tente par un verbiage socialiste usé de rendre attrayante à une gauche obsolète et se pensant décomplexée par le fourre-tout de l'ére Lang qu'il utilise comme caution avec le « New Deal » roosveltien. Il n'est pas nécessaire de scander : « solidarité, transmission, rêve réalisé, création, nouvel art de vivre ensemble » etc … pour comprendre que la culture ne s'affirme pas mais qu'elle se conquiert.
Il ne suffit entre autre pas de prétendre « dépoussiérer le patrimoine » et d'en « faciliter l'accès », il faut aussi se demander par exemple si l'affluence dans nos musées, expositions, salles de cinema n'est pas suspecte et se questionner sur ces foules qui seraient en train de confondre l'envie de connaissances et de plaisirs avec l'affirmation de leurs droits à « l'égalité d'accès à la culture, la lutte contre l'exclusion, le droit pour tous à l'éducation artistique » . Parlant de ces foules devant le Louvre « qui vont voir le troupeau dont ils font partie » et « qui ne connaîtront aucun plaisir, aucune émotion. Ils se seront simplement acquittés d'un devoir dont le sentiment leur à été inculqué par la télévision et par de semblables vecteurs de la bêtise », Eugène Green dans « la reconstruction »//www.evene.fr/livres/livre/eugene-green-la-reconstruction-35834.php me semble parler d'or.
Ceci étant c'est bien dans ces temples de la connaissance que se trouve pour partie et par l'entremise des beaux arts certaines des clés d'accès à la CULTURE comme l'affirment Marc Fumaroli et Jean Clair ne vous en déplaise Monsieur Poivre d 'Arvor.
Même candidature pour Christophe Girard avec son « Petit livre rouge de la culture ». Ayant par trop lu ces temps derniers de « gaucheries » comme ça, je me réfère à l'excellent papier d'Yvan Alexandre dans DIAPASON qui cite C. Girard annonçant la révolution culturelle que propose avec mépris son « A bas les beaux-arts hérités des siècles obscurs! ». Le projet serait: Vive la culture numérique, les jeux vidéo, le rêve du progrès; Le bel aujourd'hui chaque matin recommencé qui vaudrait infiniment mieux que le patrimoine, objet intemporel et hors commerce, c'est l'apologie de l'immédiat renouvelable (donc vendable)!!! Ce qui nous est proposé, c'est le nivellement par les « processeurs », l'émiettement par les « octets» et donc la sempiternelle démagogie gonflée de « gigabytes » ne flattant que les geeks. Tout n'est que morcellement du goût (capacité à reconnaître le Beau, E. Kant). Mais qui de Monsieur Girard ou des bobos qu'il pense flatter apprécient le vrai sens de ce mot magique et singulier ?...
Ces messieurs nous parlent également beaucoup de CREATION. Mais savent-ils que envers et contre toutes tentatives de jeunisme, ce processus ne s'exprime pas « EX-NIHILO » et qu'il n'est que la résultante de connaissances acquises par un parcours initiatique sans fin fait de curiosités, d'ouvertures au monde, d'intelligence, de maturation des acquis ainsi que de la connaissance fine de ce que nos grands anciens ont produit. Beaucoup d'humilité est donc indispensable au processus de création artistique, j'invite nos prétendants Ministre à méditer ce fait millénaire.
Et comme pour insister, j'aimerais citer l'immense Ravi Shankar lors d'un concert salle Pleyel en 2008 :
"La lenteur de l'acquisition du savoir artistique apporte une maturation, une profondeur que l'on n'acquiert pas autrement"
Quelle évidence !
Et comme pour insister, j'aimerais citer l'immense Ravi Shankar lors d'un concert salle Pleyel en 2008 :
"La lenteur de l'acquisition du savoir artistique apporte une maturation, une profondeur que l'on n'acquiert pas autrement"
Quelle évidence !

