mercredi 21 décembre 2011

Pompéi, une société d'avant-garde.

Nous savons tout ou presque de cette petite ville ensevelie pendant l'été 79 par les furies ardentes de l' impressionnant Vésuve dont les éruptions et les coulées bien que majestueuses nous inquiètent et nous fascinent encore aujourd'hui. Plaignons ses habitants saisis d'effroi et de mortelle douleur en des instants toujours humains et humbles bien que parfois cocasses. Mais remercions le volcan d'avoir par sa puissance pétrifié pour nous et donc protégé l'exact quotidien de nos glorieux ancêtres.

Depuis les fouilles archéologiques entreprises dès le début du XVIII° siècle, l'architecture et les arts décoratifs ne manquèrent pas jusqu'au début du XX° siècle de s'inspirer de cette fascinante découverte où le temps avait été stoppé comme aurait pu le faire de nos jours la touche pause de nos outils vidéo. Intact et précis le site parlait en direct, il suffisait de se laisser guider par l'envie de comprendre pour tout savoir de la vie à l'époque romaine.

Cette très belle exposition tente par une mise en scène habile en regard de la grande difficulté des lieux, de nous « recevoir » dans une villa en nous conduisant de jardins en patios, de salles en cuisines, permettant ainsi à un oeil averti de comprendre, et c'est là mon analyse, que nous n'avons que fort peu progressé dans le confort et le décor de nos demeures depuis des millénaires.

Oublions que ces demeures étaient pourvues d'eau courante, d'égouts et de chauffage central, celles de Mohenjo-daro (peut-être là, l'origine des civilisations au regard des récentes avancées archéologiques...) dans la vallée de l'indus dans l'actuel Pakistan en étaient déjà équipées près de 3000 ans avant notre ère. Mais émerveillons-nous, de la beauté, du charme, de la sensibilité, de la gaieté des décors à fresque ainsi que de la magnificence des mosaïques, de la perfection de la statuaire. Soyons fascinés par la qualité tant des dessins que de l'ergonomie (je pense que l'on peut déjà faire état de cette notion prétendument moderne) et de la belle exécution des meubles et des objets du quotidien. Nous sommes émus sans pour autant analyser ce qui nous parle tant à contempler ces merveilles; aurions-nous envie que ces décors, ces meubles, ces ustensiles soient nos objets de tous les jours? Car l'évidence se fait jour, ils sont beaucoup plus beaux que ceux de notre actuel quotidien. Leur équilibre formel (la plus simple des lampes à huile peut nous émouvoir), la maîtrise absolu et du décor (s'il y en a un) et de la technique de mise en oeuvre sont renversants. Que dire de cette sellette réglable en hauteur et pliante (on tente aujourd'hui de nous faire croire que les meubles « multifonctions » seraient une innovation du temps) ?

Bref à l'instar de la Rome antique, comment se fait-il que toutes les civilisations, de toutes époques, de quelques régions de notre vaste planète que ce soit ont su, jusqu'à ce qu'il est convenu d'appeler la modernité, produire un environnement magnifique ?

Pourquoi, après tant d'éblouissements pendant cette visite, le parcours nous conduit vers la sortie au travers des dernières salles du musée MAILLOL qui nous semblent si tristes ?

Si vous ne l'avez déjà fait, courrez visiter cette très dynamique exposition et posez-vous ces questions qui pour moi ouvrent particulièrement à certaines nécessaires réflexions dont nos cultures pourraient entre autres user pour fonder un avenir rayonnant.

A voir jusqu'au 12 février au musée Maillol à Paris 7°

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